Tranche d'histoire
familliale:
Depuis que je suis petit, j'ai toujours voulu crier haut et fort mon admiration pour mon grand-père
maternel.
C'était un espagnol de petite taille, trapu et qui, pendant la guerre de 39-45 a vécu dans les camps de concentration en Autriche, au camp de MAUTHAUSEN.
Il était un paysan mais m'a appris les vrais valeurs de la vie:
l'honnêteté, la gentillesse, le travail, la rigueur, la compassion, l'amour, le respect, il m'a appris à ne jamais se plaindre, à être humble, il m'a appris à relativiser la douleur et la misère,
à se plaindre rarement, à ne pas gaspiller la nourriture et un tas d'autres choses.
Il s'appelait Monsieur Fernandez Faustino né le 25 mars 1911 à Dos-Torres en Espagne. Il était marié à ma
grand-mère, Madame AURIOL Antoinette née le 9 mai 1918 à Saint martin de fenouillet (66). Ils habitaient tout les deux à Saint Martin de Fenouillet, petit village des Pyrénées Orientales
(66).
******
Cette plaque lui a été faite par un juif dans le camp de MAUTHAUSEN. Au verso, il y a ses initiales F.F. (Faustino Fernandez) et au recto se trouve un jolie motif
avec
son numéro de détenu: 193
Un jour, mon grand père donna un morceau de pain à un juif mal en point. Il glissa sous une tente et lui apporta cette nourriture et malheureusement, un soldat S.S.
le surpris et mon grand-père fût puni. En remerciement pour ce don de nourriture, cet homme juif grava dans un morceau d'argent cette petite plaque que je garde précieusement depuis des
années.
Concernant la punition citée ci-dessus, mon grand-père me racontait qu'il avait reçu ce jour là, 100 coups de batons dans le dos. Il me disait que les allemands
compter
sans arrêt!
La nuit comme le jour, les S.S. comptaient les hommes, les femmes, les coups de batons, etc..... Mon grand-père ne savait pas lire et ni écrire (ce qu'il n'enlève rien sur le fait
qu'il était un bon agriculteur!) mais il me disait qu'à force de celà, il savait compter de 1 à 100 par coeur en allemand, uniquement à cause des punitions à répétitions.
La journée, il travaillait comme tant d'autres dans la mine. Le travail commençait tôt et finissait tard.
Il partait à la mine et ramenait à la surface des cailloux mais
bien souvent des hommes morts de fatigue ou à cause des coups reçu sur le corp. Il a trainer des dizaines de corps dans cette mine et après celà, la dure épreuve
des marches d'escaliers!
Ces fameuses marches creusées à la force des ongles comme il me disait. Les prisonniers devaient marcher sur les morts pour continuer le travail.
Les premiers morts qu'il à dû trainer étaient ceux restés sur les escaliers.
Certains préféraient mourrir là que de subir toutes les souffrances au fond de cette mine avec les cris de douleurs qui résonnaient au fond.
ni lire ni écrire, çà m'a
sauvé:
Un jour, un S.S. demanda au groupe d'espagnols où il était si certains savaient lire. Un certain nombre à répondu oui et ils les ont mis de côté.
Mon grand-père se disait qu'ils avaient de la chance de savoir lire, çà leur permet au moins de souffrir moins que les autres durant cette épreuve.
Puis les S.S. ont demandé si d'autres savaient écrire, et un autre groupe répondu oui. Mon grand-père se demandait vraiment se qu'on allait faire de lui ne sachant
ni lire et ni écrire.
A ce moment là, le groupe sachant lire et écrire reçu un pluie de balles de mitraillettes. Certains allemands s'approchaient pour mieux voir ces gens là mourrir.
Mon grand-père me disait qu'il ne lui était jamais venu à l'esprit d'abattre de cette sorte un animal, surtout gratuitement et le bruit des corps tombant l'un sur l'autre
le hantait toujours. Certains soldats passaient devant les prisoniers vivants leur montrant la blancheur de leur dents et en caressant leur arme.
tout à coup une voix se fît entendre et dit:
"-Ici, les hommes intelligents, c'est
NOUS! et pour l'instant c'est çà qui vous sauve la vie!"
quelques minutes après, mon grand-père et d'autres durent ramasser leur collègue sous les mêmes armes qui avaient fait
celà.
Etant plus jeune, farfouillant dans le grenier à saint-Martin, j'avais trouvé des courriers venant
d'allemagne. En fait c'était des imprimé rabattable où les
prisonniers écrivaient dessus. Ensuite, les allemands laissaient le courrier partir en fonction de son contenu et à l'époque, je ne comprenais pas
pourquoi le "tampon de La Poste" était une croix gammée avec un aigle. J'avais 10 ans et je n'en savais pas autant qu'aujourd'hui!!!
Sinon la seule chose que me racontait ma grand-mère, c'est qu'entre son départ et son retour des camps, il pesait 45 kg de moins !!!
Pour que vous en sachiez un peu plus sur le camp de MAUTHAUSEN en Autriche, voici quelques chiffres issu
de cette horrible histoire.
La seule chose qui peut-être "marrante" dans tout çà, c'est que les américains ont libéré le camp le MEME JOUR que ma dâte de naissance: 5 MAI.
....................................histoire de Mauthausen...................................
Le camp de concentration de Mauthausen a été utilisé par les nazis à partir du 8 août 1938 et a été libéré par les forces américaines le 5 mai 1945.
et à 118.000 le nombre des morts.
Mauthausen était le camp central de l'Autriche. En contrebas du camp, accessible par un escalier de 186 marches inégales, une carrière de granit employait des déportés valides pour les exterminer par le travail. D'autres déportés étaient envoyés dans des "kommandos" (camps annexes) . Il y en eut plus de soixante, disséminés à travers tout le territoire, et Gusen, Ebensee et Melk furent les principaux.
Plus de 5.000 déportés furent assassinés dans les chambres à gaz de Mauthausen, Gusen, et dans des véhicules spécialement équipés pour tuer. L'Autriche compta aussi un centre d'extermination de masse, le Château d'Hartheim, dans lequel périrent aussi 5.000 déportés de Mauthausen, rejoignant ainsi les 30.000 morts gazés envoyés directement à Hartheim
MAUTHAUSEN EN CHIFFRES
Les statistiques ci-après ont été établies à partir de documents authentiques de l’administration S.S. du
camp, dont certains,
sauvegardés par des Déportés, se sont trouvés dans divers pays.
EVALUATION DU NOMBRE TOTAL DE DEPORTES A MAUTHAUSEN
Le dernier numéro matricule, attribué le 3 mai 1945, est 139317. Toutefois, la détermination du nombre
total de Déportés se révèle plus compliquée, du fait que :
- jusqu’au 19 février 1942, les entrants recevaient les matricules des détenus décédés ;
- jusqu’au 23 janvier 1944 (date à laquelle la numérotation de Gusen est rattachée à celle de Mauthausen), les détenus transférés de Mauthausen à Gusen ne doivent pas être comptés à nouveau ;
- de nombreux Déportés ne furent pas immatriculés, en particulier :
. ceux amenés à Mauthausen pour y être exécutés, notamment dans le cadre de l’Aktion K.
. les décédés en cours de transport ou avant leur immatriculation.
. les 21000 Juifs (estimation), en majorité Hongrois du "Camp des tentes”, et à Gunskirchen en 1945.
NATIONALITES
Allemands et Autrichiens 7.761
Belges 355
Espagnols 2.191
Français 4.665
Grecs 557
Hongrois 119
Italiens 3.860
Lettons 387
Néerlandais 219
Polonais 19.548
Tchécoslovaques 1.361
Soviétiques 17.365
Prisonniers de guerre soviétiques 5.144
Yougoslaves 3.399
Lithuaniens 89
Juifs(*) 15.118
Apatrides 72
TOTAL 82.210
EVALUATION DU NOMBRE DES MORTS A MAUTHAUSEN
La détermination du nombre exact des morts est rendue difficile par plusieurs facteurs :
Au registre principal de Mauthausen et ses Kommandos, s’ajoutent celui de Gusen et celui des prisonniers de guerre soviétiques. Ces registres, tous incomplets, ne mentionnent pas les Déportés
gazés à Hartheim, les victimes de pendaison ou exécutés par balle.
dans la période finale, du fait de la désorganisation, le recensement des morts est particulièrement délicat. Après la libération, il doit prendre en compte des décès des Déportés dans les
hôpitaux créés aux abords des camps, puis dans les hôpitaux autrichiens (comme celui du Père Jacques à Linz le 2 juin 1945).
Qu’on analyse les registres des morts ou qu’on retranche du nombre total des Déportés celui des survivants, on aboutit au chiffre de 118000 Déportés décédés, dont 1410 femmes.
9394 Français et Françaises ont été déportés à Mauthausen, les hommes à partir de juin 1942, les femmes à
partir de mars 1945 (transférées d’autres camps).
Les nombre des Français survivants rapatriables en 1945 s’élevant à 4063, le nombre des décédés et disparus s’établit donc à 4778.
Des 588 Françaises déportées à Mauthausen, y compris les 65 transférées à Bergen-Belsen le 17 mars 1945, 91 sont décédées, dont 34 à Mauthausen.
Voilà, vous en savez effectivement un peu plus sur cette partie de l'histoire. Mais le plus important n'est pas que vous reteniez tout absolument, le but est que vous sachiez où trouver ces informations pour que les générations futures n'oublient JAMAIS !
Pépé, mémé,
Sans vous, je ne serai pas là. Sans vous, je ne serai pas ce que je suis devenu.
Merci Pépé, merci mémé... je vous aime !
Votre petit fils, CASTELLA Stéphane.