Cela faisait aussi deux ans que les experts s’étripaient pour désigner le coupable: séisme ou forage
exploratoire d’hydrocarbures? Selon des travaux publiés dans le magazine de la Geological Society of America, c’est bien le forage situé à quelques mètres qui a provoqué la formation du geyser.
L’étude confirme le scénario avancé il y a dix-huit mois par le britannique Richard Davies (Université de Durham): le forage a “percé” un réservoir d’eau chaude sous pression à près de trois
mille mètres de profondeur. L’eau a fracturé les roches alentours jusqu’à se frayer un passage jusqu’à la surface, entraînant les sédiments avec elle. Le puits était semble-t-il creusé dans des
conditions de sécurité douteuses.
Le pire, c’est que le phénomène n’est pas près de s’arrêter. Selon l’étude publiée cette semaine, il pourrait durer des mois, voire des années et il faudra
attendre qu’il cesse naturellement, faute de pression. Toutes les tentatives de colmatage ont échoué. Un forage pétrolier à Brunei avait provoqué en 1979 la formation d’un geyser qui a craché
de la boue pendant près de trente ans, en dépit du creusement d’une vingtaine de puits pour calmer le processus…
Autour de Lusi, le nom donné par les indonésiens à leur volcan de boue, ce sont près de dix kilomètres carrés qui sont déjà inhabitables pour longtemps. Lapindo a
déjà du payer 421 millions de dollars (267 millions d’euros) pour financer la lutte contre la boue, mais la facture pourrait bien s’alourdir. La compagnie appartient à la famille du
milliardaire Aburizal Bakrie, ministre indonésien des affaires sociales.
Par Denis
Delbecq Source: sciences & vie.





